Soirée Échanges et Réseaux : Rencontre avec Rob Spiro le 16-09-19

Cette soirée, dans sa 8ème édition, co-organisée par CSOA (CentraleSupélec OuestAtlantique),l’EDHEC, l’ESCP et l’ICAM fut un grand succès avec 50 participants – diplômés des Grandes Ecoles participantes : CentraleSupélec, Centrale Lyon, Edhec, ESCPEurope, Sciences Po, Arts et Métiers. Le rendez-vous était donné dans une brasserie près de la gare de Nantes, un nouveau lieu propice à la convivialité et d’une plus grande capacité. Stéphane Hallé, Manager IT en Marketing chez Cisco Systems, nous a présenté Rob Spiro et expliqué comment il était arrivé à son contact grâce au réseau en s’informant sur les startups en France. Une nouvelle illustration de la force des réseaux et du partage entre ces réseaux.

Rob Spiro, notre invité, est un entrepreneur Américain qui après plusieurs startups à succès aux Etats Unis s’est installé à Nantes pour continuer à innover d’une autre manière. Il a accepté de nous raconter son aventure et de partager sa passion pour l’innovation.

En 2006 Rob a « envie » de créer une startup. Il n’a pas

« l’idée géniale », mais il sait qu’il a 100k$ d’investissement ce qui lui permet de tenir 1 an.

C’est là qu’il prend une approche originale en se disant, soit je pars pour 1 an de développement pour mettre au point une solution et je n’ai qu’une seule chance de trouver le bon produit, soit je développe plusieurs fois en 2 mois et j’ai 6 chances de tomber sur la bonne idée qui va plaire aux clients…

La question qui se pose est alors « Comment tester une idée sans développement »? Et il propose une réponse simple : faire un fake avec des humains au lieu d’un algorithme… la version numérique de l’automate Turc du 18ème.  

Au bout de 7 essais, il aboutit à l’application Aardvark, il s’agit d’un chat de recherche d’expert pour répondre à des questions pointues. Le système est sensé trouver automatiquement les meilleurs experts pour répondre à la question…. Sauf que dans la première version, c’est Rob et ses collègues qui cherchent les experts et pas une application.

Le succès auprès des utilisateurs est rapide et cela permet à Rob de réaliser une importante levée de fond qui va permettre de développer l’application en question.

Et 3 ans plus tard, la société compte 35 salariés et est rachetée par  Google pour 50M$

Rob se retrouve salarié chez Google avec plus de moyen mais moins de fun. 

Du coup il décide de lancer une nouvelle startup sans produit identifié mais avec l’envie d’aider les petits agriculteurs et comme il dit «Quand tu as vendu ta startup à Google, tu lèves 1M$ juste sur ton nom…même sans projet »

Il reprend la même méthode des multiples essais et arrive à une idée simple de supermarché en ligne des petits producteurs avec livraison à domicile GoodEggs. Et les premières livraisons sont faites à la main par Rob, ce qui lui permet d’apprendre les problématiques du sujet avant d’industrialiser la démarche.

Le succès client est rapide, et l’entreprise s’implante dans quatre villes, mais elle n’est pas encore profitable et sa forte croissance engendre des grosses pertes.  La seule solution est alors de se focaliser sur San Francisco, et d’arrêter les opérations dans les autres villes, entrainant des licenciements puis une nouvelle levée de fond et la relance du projet. Rob passe le relai de la Direction en 2016.  Aujourd’hui GOOD EGGS compte 1000 salariés mais n’est pas encore rentable 

Rob, mariée à une Nantaise, emménage en famille dans la cité des Ducs de Bretagne avec son désir de continuer à entreprendre.

Il lance un « startup studio », Imagination Machine, inspiré de Rocket Internet à Berlin. Ce studio  se consacre au lancement d’un portefeuille de startups, ce qui est pour lui une manière d’entreprendre sans devoir s’impliquer à 200% sur seulement une startup.

De 50 000 à 200 000 euros sont ainsi dévolus à chaque idée prometteuse qui va grandir entre les murs d’Imagination Machine.

Rob apporte des idées, des fonds, des conseils, une méthode mais n’assure pas la direction des startups.

12 projets ont vu le jour depuis 2017, certaines ont rapidement rencontré le succès comme « Vite Mon Marché » ou « Jho » qui propose des tampons et serviettes en coton bio avec un service d’abonnement.

Un des derniers projets « Beem » veut proposer des panneaux solaires à prix réduit et à poser soi-même pour l’autoconsommation.

 Et encore une fois il nous prouve que sa méthode fonctionne, mais pour un sujet industriel. Ils ont réalisé des faux panneaux solaires pour tourner une vidéo afin de tester le concept. Ce fut un gros succès avec des précommandes, ce qui a permis de réaliser un prototype opérationnel. Et de lever des fonds pour industrialiser.

 En synthèse il nous rappelle que l’entrepreneur doit conserver une approche humble et que le succès et l’expérience se construisent sur des essais et erreurs. 

Il constate que la levée de fond initiale sur une idée est bien plus compliquée en France qu’aux US. C’est le créneau d’Imagination machine : Permettre aux entrepreneurs de se lancer sans fond de départ. 

Il est en recherche en permanence d’entrepreneurs avec de l’expérience et du réseau, avec de l’énergie à mettre et pour des projets à impact positif 

La présentation se termine par un conseil de lecture : Lean Start-up, par Eric Ries

La phase réseautage de la soirée a été lancée par Stéphanie, nouvelle recrue de l’équipe d’organisation  par le maintenant traditionnel « C’est moi qui ! ». 

La soirée s’est prolongée par un long moment d’échanges autour de boissons et de gastronomie.

Les discussions furent riches et nombreuses  et on notera la présence de Jack Cowan Consul Honoraire de France à Seatle augurant peut-être de prochains sujets trans-atlantiques ….

Contact : https://imaginationmachine.com/

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